Découvrez Miyagi à dos de Lokhlass (2nde partie)

Dans cette seconde partie nous quittons le bord de l’océan que nous avons vu dans l’article précédent pour découvrir l’intérieur du département de Miyagi. Attention, c’est sans aucun doute l’article le plus long jusque là, car il me semblait intéressant de traiter les 20 plaques installées entre le 30 octobre et le 1er novembre 2020 comme un ensemble. Toutefois, nous pouvons répartir ces plaques en deux groupes selon leur emplacement géographique. Nous commencerons par le groupe au sud Sendai puis nous enchainerons avec les 11 plaques au nord.

Sommaire

Les 10 premières étapes

01 – Marumori

Pour démarrer, comme à Ishinomaki, nous retrouvons Miaouss sur le dos de Lokhlass mais cette fois-ci il est accompagné d’un autre Pokémon chat, Psystigri (Nyasupâ, ニャスパー, n°677). Quatre tournesols (Himawari, ひまわり) sont disposés deux par deux à droite et à gauche de Lokhlass. Enfin, l’eau n’est pas totalement absente puisqu’une rivière serpente jusqu’à nous en passant entre deux collines à l’horizon.

PokéPlak de Marumori figurant Lokhlass, Psystigri et Miaouss
Marumori : Lokhlass et Miaouss – Photo Courtesy @kenken40924

Tous les chats sont gris

Ici, les chats sont gris comme la pierre. Le bourg de Marumori (Marumori-machi, 丸森町) est surnommé “le bourg des dieux-chats” (Nekogami-sama no machi, 猫神さまの町), car on y trouve de nombreuses stèles et statues dédiées à ce félin.

La raison de cette ferveur tient simplement de l’histoire séricicole de la région. Pour les éleveurs de vers à soie, la meilleure protection contre les rongeurs était d’avoir des chats. Ces félins étaient donc traités avec beaucoup d’égards jusqu’à être vénérés car ils étaient les gardiens de la production de soie.

Les fleurs d’or

Les tournesols quant à eux ne sont pas de simples éléments décoratifs. Ce ne sont pas non plus un des emblèmes naturels du bourg de Marumori. S’ils ont été représentés ici c’est en référence aux champs de tournesol de Tateyama (Tateyama-himawari-batake, 舘矢間ひまわり畑). Ces tournesols ont la particularité de s’épanouir tardivement pendant la seconde moitié du mois de septembre. En tout, c’est une superficie de 3 hectares de rizières qu’on peut venir admirer chaque année quand ils se couvrent d’or.

Enfin, le cours d’eau évoque certainement le fleuve Abukuma (Abukuma-gawa, 阿武隈川) qui traverse le bourg d’ouest en est avant de reprendre son cours vers le nord comme nous allons le faire.

02 – Kakuda

Tout de suite au nord de Marumori, en longeant le fleuve Abukuma, nous arrivons dans la ville de Kakuda (Kakuda-shi, 角田市). Cette fois, Lokhlass n’est ni sur l’océan, ni sur terre, il vole littéralement dans l’espace ! C’est en tout cas, ce que laisse imaginer le fond noir parsemé d’étoile et de petits ronds multicolore. Comme s’il était en apesanteur, Lokhlass semble flotter en l’air, dévoilant pour la première fois son ventre clair. A gauche, flottant aussi dans les airs nous découvrons Latias (Ratiasu, ラティアス, n°380) reconnaissable à sa couleur rouge.

PokéPlak de Kakuda figurant Lokhlass et Latias
Kakuda : Lokhlass et Latias – Photo Courtesy @kenken40924

La présence de Latias s’explique ici par sa ressemblance avec des avions ou même des navettes spatiales. Latios aurait tout aussi bien fait l’affaire, mais puisqu’il avait déjà été choisi pour figurer l’escadron des Blue Impulse à Higashimatsushima, c’était l’occasion de compléter le duo sans faire de répétition.

Le Centre spatial de Kakuda

Cette plaque fait référence au Centre spatial de Kakuda. Situé tout au nord de la ville de Kakuda, le centre actuel est composé du laboratoire de Kakuda fondé en 1965 par le Laboratoire national de l’aérospatial du Japon (NAL), et du Centre de développement des fusées de Kakuda fondé en 1978 par l’Agence nationale japonaise de développement spatial (NASDA). Ils ont fusionné en 2003, lors de la fusion des trois organisations spatiales japonaises : l’Institut des sciences spatiales et astronautiques (ISAS), le NAL et la NASDA, pour former l’actuelle Agence d’Exploration Aérospatiale Japonaise (JAXA).

En 2005, le Centre de recherche sur la technologie de propulsion spatiale de Kakuda est officiellement rebaptisé Centre spatial de Kakuda (Kakuda-Uchû-Sentâ, 角田宇宙センター).

Le jour de l’espace

En temps normal, chaque année le 12 septembre, le centre ouvre ses portes au public pour faire découvrir le fonctionnement des fusées et plus largement des aspects de la vie dans l’espace.

Le 12 septembre, c’est le jour de l’espace (Uchû-no-hi, 宇宙の日) car le 12 septembre 1992, Mamoru Môri (毛利 衛) embarquait à bord de la navette spatiale Endeavour lors de son premier lancement. Il est le deuxième Japonais à être parti dans l’espace (le premier Japonais est Toyohiro Akiyama (秋山 豊寛) qui partit à bord du vaisseau spatial Soyouz en décembre 1990), mais le premier à le faire à bord d’une navette spatiale : la navette Endeavour.

Puisque Lokhlass est dnas les étoiles, profitons de l’altitude pour planer jusqu’au bourg de Shichikashuku (Shichikashuku-machi, 七ケ宿町), notre étape la plus à l’ouest dans le département de Miyagi.

03 – Shichikashuku 

A quelques mètres de la rivière Shiroishi, en amont du lac Shichikashuku, Lokhlass est bloqué par les branches accumulées par deux Castorno (Bîdaru, ビーダル, n°400). La forme de la fourrure claire autour de leurs yeux permet de préciser qu’il s’agit de deux femelles même ça n’a pas beaucoup d’importance.

PokéPlak de Shichikashuku figurant Lokhlass et Castorno
Shichikashuku : Lokhlass et deux Castorno – Photo Courtesy @kenken40924

Ici, ce ne sont pas les Castorno le sujet central de cette plaque mais le barrage qu’elles construisent. Il fait directement allusion au barrage Shichikashuku (Shichikashuku-damu, 七ヶ宿ダム) inauguré en 1991, après une quinzaine d’années de négociations et de travaux.

Histoire au file de l’eau

Cette PokéPlak placée à quelques pas du musée de l’histoire et de l’eau (Mizu-to-rekishi-no-kan, 水と歴史の館). Inauguré en 1993 puis en 2014 après rénovation, il abrite plusieurs sections retraçant l’histoire du bourg de Shichikashuku et présentant le fonctionnement du barrage voisin. On y trouve notamment des dessins et peintures témoignant de la vie des trois hameaux qui ont été submergés par le lac suite à la construction du barrage. Une autre partie est dédiée à la préhistoire. Une troisième partie présente le monde de l’écrivain primé Komao Furuyama (古山 高麗雄, 1920-2002) dont le père vivait à Shichikashuku quand ce n’était encore qu’un village.

Après avoir réussi à passer le barrage, Lokhlass poursuit son voyage sur la rivière Shiroishi pour arriver à la ville à laquelle elle a donné son nom (Shiroishi-shi, 白石市).

04 – Shiroishi

Au pied du château de Shiroishi (白石城), près de la gare de Shiroishi nous découvrons cette plaque. On y voit deux Goupilou (Kusune, クスネ, n°827) qui gambadent sur une berge enneigée pendant que Lokhlass avance paisiblement sur l’eau.

PokéPlak de Shiroishi figurant Lokhlass et Goupilou
Shiroishi : Lokhlass et Goupilou – Photo Courtesy @kenken40924

Le village des renards

Goupilou fait référence à une attraction touristique : le village des renards de Zaô (Zaô-Kitsune-mura, 蔵王キツネ村), située dans les montagnes, à une dizaine de kilomètres à l’est du centre de Shiroishi. Zaô est le nom du volcan au pied duquel la ville de Shiroishi se situe, mais nous en reparlerons un peu plus tard. L’étendue d’eau quant à elle, pourrait être le lac de retenu du barrage Kawarago (Kawarago-dam, 川原子ダム), bâti en 1969, situé juste à l’est du village des renards, ou simplement la rivière Shiroishi qui traverse la ville.

Sous le masque du renard

L’expression joyeuse de ces deux Pokémon rappelle l’image idéalisée de ce village où le visiteur va fondre devant ces boules de poils attendrissantes. Toutefois en lisant les avis des visiteurs on découvre un tableau plus sombre où ces animaux survivent dans un stress permanent pour conserver leur espace vital ou glaner la moindre ration de nourriture dispensée par les visiteurs. Néanmoins, ce parc ne semble pas avoir été créé pour de mauvaises raisons.

Fourrures de renard

Hokkaidô et le nord-est du Japon sont les deux régions où les élevages de renards pour leur fourrure étaient très actifs jusqu’aux années 1970. L’ouverture du parc date du 30 juillet 1990. Cette époque est marquée par la bulle économique mais aussi l’arrêt des exportations de fourrure qui a causé une baisse de rentabilité du secteur. Les exploitations de fourrure installées dans le département voisin de Yamagata, de l’autre côté du mont Zaô, ont fermé face aux développement des importations étrangères.

C’est dans ce contexte que le village des renards est ouvert pour accueillir les renards d’élevages issus de l’industrie de la fourrure. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on retrouve plusieurs espèces de renards. Bien que le projet de départ était tout à fait louable, son maintien dans la durée pose de nombreuses questions et nécessiterait notamment de repenser son système économique.

Une attraction touristique

Selon un article du journal Asahi (du 15 mars 2016), c’est grâce aux visiteurs étrangers et à leur enthousiasme sur les réseaux sociaux et sur Youtube, que les finances du parc sont soudainement remontées à partir de 2013. Concrètement, sur l’année 2015, les visiteurs étrangers représentaient un quart de la fréquentation totale du village.

Un village surpeuplé

Le village se targue de présenter six espèces différentes de renards et plus d’une centaine d’individus. Or on apprend également dans l’article de 2016, qu’il y aurait 250 renards dans l’élevage dont 130 dans un enclos d’une superficie d’environ 10 km carrés. Si on ne tient compte que de cet enclos ouvert aux visiteurs, la densité de population serait donc de 13 individus par kilomètre carré.

A titre de comparatif, en France ou en Suisse, dans la nature, loin de l’homme, le nombre de renards au kilomètre carré est la plupart du temps inférieur à un et ne dépasse pas 3 individus. Ce nombre peut varier en fonction de plusieurs facteurs notamment la difficulté à trouver de la nourriture. Dans quelques rares cas, la densité de renard peut approcher les 10 individus par kilomètre carré dans des environnements urbains où les sources de nourritures sont plus abondantes que dans la nature.

La densité dans ce parc est donc loin d’être naturelle pour ces animaux. Pour une centaine d’individus il faudrait que la superficie de ce village soit au moins trois fois plus grande.

Évolution et perspective

Même si ces renards bénéficient d’une espérance de vie plus longue que dans la nature et grandissent dans de meilleures conditions que dans un élevage de fourrure, il semblerait que le cadre de vie de ces renards n’ait pas été pensé pour leur bien-être. Néanmoins, puisque les renards qui y sont élevés actuellement ne pourraient pas survivre dans la nature, on ne peut que souhaiter le maintien de ce village mais uniquement si ses responsables décident de faire passer le bien-être des animaux avant le plaisir des visiteurs.

Reprenons notre route car ce n’est encore que le début.

05 – Ôgawara

Après Matsushima et Natori, voici encore une scène où nous retrouvons notre couple de Lokhlass en silhouette à l’arrière-plan. Ils viennent admirer les cerisiers fleuris sur les rives d’un plan d’eau. Au premier plan, sur la droite, complètement épanouis et pleins d’énergie deux Ceriflor (Cherimu, チェリム, n°421) sous leur forme Temps ensoleillé, sautillent gaiement au sommet des cerisiers.

PokéPlak d’Ogawara figurant Lokhlass et Ceriflor
Ôgawara : Lokhlass et Ceriflor – Photo Courtesy @kenken40924

Cette image évoque évidemment les rangées de cerisiers en fleurs qui bordent la rivière Shiroishi. Sur 8 kilomètres entre Ôgawara et Shibata, environ 1200 arbres constituent une longue bande fleurie qui lui vaut de faire partie des lieux incontournables pour faire hanami et voir d’un seul coup d’œil des milliers de cerisiers (Hitome-senbon-zakura, 一目千本桜). Cette PokéPlak se situe idéalement en amont de cette longue file d’arbres qu’il faut venir voir au début du mois d’avril. Aussi bien de jour que de nuit grâce aux illuminations.

06 – Shibata

En continuant de suivre les cerisiers le long de la rivière Shiroishi on arrive dans le bourg voisin de Shibata (Shibata-chô, 柴田町). Lokhlass regarde passer Flabébé (Furabebe, フラベベ, n°669) qui s’accroche au pistil d’une fleur comme emporté dans un tourbillon de pétales de cerisiers.

PokéPlak de Shibata figurant Lokhlass et Flabébé
Shibata : Lokhlass et Flabébé – Photo Courtesy @kenken40924

Les pétales roses et la présence de la rivière renvoient directement aux cerisiers des bords de la rivière Shiroishi qu’on a commencé à suivre à Ôgawara. Plus exactement, avec le parc des ruines du château de Funaoka situé sur les bords de la rivière Shiroishi (Shiroishitkawa-tsutsumi・Funaoka-jôshi-kôen, 白石川堤・船岡城址公園), ce site est le seul du département à faire partie des cent célèbres sites de floraison de cerisier sélectionné par la Japan Cherry Blossom Association.

Hanamichan - Mascotte d'Ogawara
Hanamichan, la mascotte d’Ogawara

Ici, Flabébé a été choisi en référence à une autre fée des fleurs : Hanami-chan (はなみちゃん), la mascotte du bourg de Shibata. On raconte que cette fée serait né de la rencontre entre une fée des cerisiers et une fée des yuzu, mais son nom évoque directement la contemplation des cerisiers (hanami, 花見).

Au-delà des cerisiers au printemps, Shibata mérite son titre de bourg fleuri car il se pare de multiples couleurs selon les saisons. C’est ainsi qu’en été, on peut admirer une centaine de variétés de fleurs différentes au sommet du parc du château de Funaoka, mais également découvrir les jardins des habitants qui ouvrent leur porte aux visiteurs. En automne, l’Exposition des Chrysanthèmes de Miyagi se tient aussi dans le parc du château de Funaoka. Enfin, en hiver, ce sont les cyclamen et les Hellébore noir (Rose de Noël) qui y fleurissent.

07 – Murata

Quand Lokhlass passe dans le bourg de Murata (Murata-machi, 村田町) sur la rivière Arakawa, Coudlangue (Beroberubeto, ベロベルト,n°463 ) surgit de derrière des plants de haricots sans doute en vue de se régaler. Chaque année au début du mois de juin, le bourg organise la fête des soramame (Soramame-matsuri, そら豆まつり).

PokéPlak de Murata figurant Lokhlass et Coudlangue
Murata : Lokhlass et Coudlangue – Photo Courtesy @kenken40924

Ces haricots (Soramame, ソラマメ ou そら豆) [Vicia faba] ont été cultivés pour la première fois dans le département de Miyagi, ici à Murata, en 1935. De nos jours, la production de soramame de Murata est encore une des plus importantes du département.

Haricot-ver

“Haricot-ver” (Soramame, 蚕豆) c’est le nom qu’on peut parfois croiser quand on parle ce légume. Le kanji du ver à soie (Kaiko, 蚕) aurait été utilisé car la forme bosselée des cosses évoquait celle des larves. Néanmoins, on peut aussi trouver le nom de ce haricot écrit avec les kanji du ciel (Ama, 天 ; Sora, 空). Le nom “haricot-ciel” (Soramame, 空豆 ou 天豆) viendrait de la manière dont les cosses se dressent vers le ciel quand elles sont encore jeunes. Sur cette plaque, on peut voir que les cosses sont à maturité et prêtes à être dégustées par Coudlangue car elles ne sont plus dirigées vers le ciel.

Gourmands, attention !

Les soramame sont de très gros haricots et ils sont préparés de nombreuses manières : grillés, frits, bouillis, en soupe, mais aussi en glace ou en gâteau. Attention toutefois de ne pas en consommer crus et de ne pas en abuser, car la consommation de haricot peut se révéler dangereuse pour certaines personnes prédisposées.

Voici une manière simple de les préparer :

Après avoir repris des forces à Murata, nous nous dirigeons vers l’office du tourisme du bourg de Zaô (Zaô-machi, 蔵王町), à 15km à l’ouest.

08 – Zaô

Sur cette nouvelle plaque, c’est dans une vue panoramique à 360° que nous découvrons Lokhlass face à Blizzaroi (Yukinoô, ユキノオー, n°460) dans un paysage enneigé où ressortent quelques sapins à l’horizon. Ce Pokémon fait ici référence à la mascotte du bourg de Zaô : Zaô-sama.

PokéPlak de Zaô figurant Lokhlass et Blizzaroi
Zaô : Lokhlass et Blizzaroi – Photo Courtesy @712r1sa

Roi de la montagne

Zaô-sama - La mascotte de Zaô
Zaô-sama, la mascotte de Zaô

Bien que l’expression colérique de Blizzaroi contraste avec la bonhomie de Zaô-sama, il partage quelques points communs qui expliquent le choix de ce Pokémon. Pour commencer, ce sont tous les deux des rois. En effet, le Ô (王) de Zaô et de Yuninoô signifient roi. Ensuite, ils vivent tous les deux dans les forêts montagneuses.

Monstre de neige

De plus, selon le Pokédex ce Pokémon peut provoquer des blizzards où il peut se dissimuler et son apparence peut évoquer l’abominable homme des neiges. Ce qui n’est pas sans rappeler les monstres des neiges du Mont Zaô.

Entre décembre et février, les vent froids de Sibérie couvrent les conifères d’un épais manteau de neige, les transformant en silhouettes humanoïdes qu’on peut venir découvrir. Ces arbres couverts de glace (Juhyô, 樹氷) forment un paysage surprenant.

Si c’est généralement le versant est du mont Zaô (du côté du département de Yamagata) qu’on voit sur les photos, c’est parce qu’on y trouve les sources chaudes de Zaô (Zaô-onsen, 蔵王温泉), des pistes de ski et un téléphérique qui facilitent l’accès au public. Néanmoins, ces monstres de neige se dressent également dans les environs du lac de cratère Okama (御釜), situé du côté du département de Miyagi.

Le Mont Zaô qui donne son nom au bourg est en réalité une chaîne de volcans (Zaô-renbô, 蔵王連峰) qui s’étend du sud vers le nord sur une quinzaine de kilomètres. Plusieurs rivières y prennent leur source avant d’irriguer les départements de Yamagata et de Miyagi. En suivant la rivière Kitagawa (Kitagawa, 北川), nous arrivons à notre prochaine étape : le bourg de Kawasaki (Kawasaki-machi, 川崎町)

09 – Kawasaki

PokéPlak de Kawasaki figurant quatre Lokhlass
Kawasaki : Lokhlass et encore des Lokhlass – Photo Courtesy @shikoren4500

Jusqu’à présent nous n’avions jamais vu autant de Lokhlass sur la même plaque. Ici, il y en a quatre qui se suivent joyeusement sur un cours d’eau bordé au loin par de la végétation.

Soit leur nombre n’a pas d’importance et dans ce cas, Lokhlass est tout simplement mis à l’honneur dans ce bourg traversé par plusieurs rivières. Soit chaque Lokhlass représente une rivière en particulier. Par exemple, ce pourrait être la rivière Goishi (Goishi-gawa, 碁石川) qui démarre à Kawasaki et ses trois affluents – la rivière Kitagawa (Kitagawa, 北川), la rivière Tarô (Tarô-gawa, 太郎川) et la rivière Mae (Maegawa, 前川) – qui forment le lac de retenu Kamafusa (Kamafusa-ko, 釜房湖) à 3 km de l’emplacement de cette plaque.

A ce stade, nous allons effectuer un saut d’une quarantaine de kilomètres (en utilisant la capacité vol) pour rejoindre le second groupe de plaques au nord de Sendai.

Les 10 étapes suivantes

10 – Ôsato

Au nord ouest de Matsushima, un peu dans les terres nous trouvons le bourg d’Ôsato (Ôsato-machi, 大郷町). Ici, Lokhlass n’est ni sur l’océan, ni sur un lac ou même une rivière mais au milieu d’un champ cultivé. Autour de lui, quatre Chlorobule (Churine, チュリネ , n°548 ) sautillent joyeusement.

PokéPlak d’Ôsato figurant Lokhlass et Chlorobule
Ôsato : Lokhlass et Chlorobule – Photo Courtesy @office.mononofu

La présence des petites fleurs jaunes confirment que Lokhlass est dans un champ de corète potagère (Shimatsunaso, シマツナソ) [Corchorus olitorius]. Quand elle est utilisée en cuisine, cette plante est aussi appelées moroheiya (モロヘイヤ). La culture de la corète potagère à Ôsato a débuté en 1988. Depuis, la ville en fait la promotion pour ses vertus nutritives, incarnées par sa mascotte Tsune-no-moro (常のモロ).

La corète potagère au centre de l’assiette

Dans ses restaurants et les autres magasins d’alimentation, on retrouve la corète potagère déclinée sous toutes les formes possibles : des feuilles entières ou ciselées à ajouter dans ses plats ou à manger en soupe, mais aussi des pâtes fraîches (Moroheiya-udon, モロヘイヤうどん) ou sèches (Moroheiya-râmen, モロヘイヤラーメン), sans oublier les encas comme les galettes de riz (Moroheiya-senbei, モロヘイヤせんべい), ainsi que des gâteaux fourrées (Moroheiya-manjû, モロヘイヤ饅頭) et des crèmes glacées (Moroheiya-sofutokurîmu, モロヘイヤソフトクリーム). De quoi goûter la corète potagère toute la journée sans s’en lasser.

Comme on le voit, cette plante occupe une place centrale dans la gastronomie et l’économie d’Ôsato, malheureusement, le nombre de producteurs est en baisse et la ville redouble donc d’effort pour sensibiliser les plus jeunes et assurer la relève.

11 – Tomiya

Snubble (Burû, ブルー, n°209) émerge au premier plan derrière une rangé de huit fruits de couleur violette. A l’arrière, on retrouve Lokhlass flottant sur des vagues bleues claires et foncées, mais aussi quatre fruits violets qui pendent à des branches à droite et à gauche.

PokéPlak de Tomiya figurant Lokhlass et Snubble
Tomiya : Loklhass et Snubble – Photo Courtesy @blackpradtyan

Si Snubbull tire son nom du bouledogue, ici il a été choisi car son nom évoque le produit phare de Tomiya : les myrtilles (Burûberî, ブルーベリー, transcription de l’anglais blueberry).

Les baies Myrte

C’est en effet ce fruit qui est mis à l’honneur sur cette plaque. Pourtant, par leur forme, les fruits qui sont représentés ne peuvent pas être des myrtilles. Pour trouver la solution, il faut partir à la cueillette des baies qu’on trouve dans les jeux Pokémon à partir de la 3ème génération. Ce sont des baies Myrte (Beribu-no-mi, ベリブのみ) et comme leur nom le laisse penser, elles sont inspirées des myrtilles.

La myrtille sous toutes ses formes

A Tomiya, les myrtilles ont été cultivées à partir de 1983 dans un souci de diversification des cultures. Elles sont produites sans engrais ni pesticides. La foire de Tomiya des pâtisseries aux myrtilles (Tomiya-Burûberî-Suitsu-Fea, とみやブルーベリースイーツフェア)  se tient chaque année en juillet depuis 2010. Lorsqu’on passe à Tomiya, il serait dommage de ne pas en profiter pour déguster ces baies en gâteaux mais aussi pour les découvrir nature, en gelée, en confiture, en jus, en glace ou encore en vinaigre.

12 – Taiwa

Dans le centre du bourg de Taiwa (Taiwa-chô, 大和町), en empruntant la rivière Yoshida , Lokhlass rencontre un Torterra (Dodaitosu, ドダイトス, n°389). Sa définition dans le Pokédex indique la possibilité que de petits Pokémon fassent leur nid sur le dos des Torterra. C’est probablement le cas ici, où un petit groupe de six malicieux Trompignon (Tamagetake, タマゲタケ, n°590) semble hésiter entre la carapace de Torterra et celle de Lokhlass. L’un d’eux se jette joyeusement à notre rencontre.

PokéPlak de Taiwa figurant Lokhlass, Torterra et Trompignon
Taiwa : Lokhlass, Torterra et Trompignon – Photo Courtesy @kenken40924

La danse des champignons

Ces petits Pokémon champignons représentent très certainement les Polypores en touffe (Maitake, マイタケ ou 舞茸) [Grifola frondosa]. Un champignon apprécié des gourmets dont on dit qu’on dansait de joie lorsqu’on le trouvait dans la nature ! Aujourd’hui à Taiwa, plus besoin de sillonner les forêts pour en trouver car il est cultivé par plusieurs producteurs dans la région.

Le mont Sasakura

Pour trouver une correspondance avec Torterra, il faut traverser la forêt Nanatsu (Nanatsu-mori, 七ツ森). Au sud-ouest du bourg de Taiwa, une tortue de pierre (Kame-no-ko-iwa, 亀の子岩) a été sculptée en 1868 prêt du sommet du mont Sasakura (Sasakurayama, 笹倉山). Elle incarnait le vœu de paix des habitants du village de Miyatoko qui avaient été entraînés dans la Guerre de Boshin (Boshin sensô, 戊辰戦争), la guerre civile qui suivit la Restauration de Meiji.

Le souhait de vivre paisiblement se retrouve dans le nom du bourg de Taiwa – Grande (Tai, 大) ; Paix (Wa, 和) – qui a été choisi en 1955, lors de la fusion du bourg de Yoshioka (吉岡町) et des villages de Miyatoko (宮床村), Ochiai (落合村), Tsurusu (鶴巣村) et Yoshida (吉田村).

En 2018, deux nouvelles statues sont venues rejoindre la vieille tortue pour célébrer son 150ème anniversaire.

13 – Ôhira

Dans le village d’Ôhira (Ôhira-mura, 大衡村), à proximité de la forêt Showa-Man’yô (Shôwa-Man’yô-no-mori, 昭和万葉の森) on peut voir un couple de Viskuse (Pururiru, プルリル, n°592), s’élançant dans le courant d’une rivière, suivi par des Lovdisc (Rabukasu, ラブカス, n°370) et Lokhlass.

PokéPlak d’Ôhira figurant Lokhlass, un couple de Viskuse et des Lovdisc
Ôhira : Deux Viskuse, des Lovdisc et Lokhlass – Photo Courtesy @kenken40924

Mascottes à la retraite

Représentation d'Akamatsu-kun et de Kikyô-chan
Mascottes de Ôhira – Les ambassadeurs de Man’yô : Akamatsu-kun et Kikyô-chan (depuis le 15 août 2000)

Il faut remonter quelques mois avant l’installation de cette plaque pour décrypter ce qui y est représenté. En effet, le 17 août 2020, Hiramaro (ひら麻呂),a été sélectionnée pour devenir la nouvelle mascotte d’Ôhira. Cet esprit sylvestre a remplacé Akamatsukun (あかまつくん) et Kikyôchan (ききょうちゃん), après 20 ans de bons et loyaux services.

Ces deux mascottes formaient un couple où chacun portait le nom d’un des symboles de la ville : le pin rouge du Japon (Akamatsu, アカマツ) [Pinus densiflora] pour le garçon, la campanule à grandes fleurs (Kikyô, キキョウ) [Platycodon grandiflorus] pour la fille.

Ainsi cette plaque conservera le souvenir de ce couple à travers les deux Pokémon méduse dont l’apparence peut aussi évoquer les longues tenues de l’époque de Nara (de 710 à 784 ou 794).

Une forêt poétique

Les mascottes de ce village sont inspirées de l’époque de Nara et font référence au célèbre recueil de poèmes : Man’yô-shû (万葉集). C’est lui qui donne son nom à la forêt Shôwa-Man’yô, inaugurée en 1989. cette forêt fait partie des nombreux parc botaniques (Man’yô-shokubutsuen, 万葉植物園) où on cultive les fleurs et les essences citées dans le Man’yôshû.

Si les Lovedisc peuvent simplement symboliser la dimension romantique du couple de Pokémon. En tenant compte de la localisation de cette plaque, ils peuvent aussi faire référence à un autre symbole romantique de la forêt Shôwa-Man’yô. Deux arbres qui ont fusionnés (Renri-boku ou Renri-gi, 連理木) et autour desquels les promeneurs peuvent faire un vœux pour rencontrer l’âme-sœur ou pour un mariage heureux et durable.

14 – Shikama

Cette plaque se trouve dans le parc Atagoyama (Atagoyama-kôen, 愛宕山公園) dans le sud de Shikama (Shikama-chô, 色麻町). Lokhlass ne laisse que sa tête sortir de l’eau, comme Lombre (Hasuburero, ハスブレロ, n°271) qui nage à ses côtés au milieu des fleurs de nenuphar.

PokéPlak de Shikama figurant Lokhlass et Lombre
Shikama : Lokhlass et Lombre – Photo Courtesy @kenken40924

La plaque se situe à proximité d’une fontaine surnommée l’étant aux kappa (Kappa-ike, かっぱ池). C’est évidemment le rapprochement entre ce Pokémon et ces créatures amphibies qui a inspiré ce design. Mais il n’y a pas que cette fontaine où on trouve des kappa.

Le bourg des kappa

En effet, le bourg de Shikama réserve une place très importante à ces créatures folkloriques. On en croise des statues à plusieurs endroits du bourg et principalement dans le sanctuaire Isora (Isora-jinja, 磯良神社), fondé il y a plus de 1200 ans. Ce sanctuaire est même surnommé “O-kappa-sama” car on y vénère une ancienne statue d’un kappa en bois qui n’est présentée au public qu’environ tous les soixante ans. Chaque année depuis 1988, la fête des kappa (Okappa-matsuri, おかっぱ様祭り) est organisée au début du mois d’août.

On raconte qu’un kappa était tombé amoureux d’une princesse. Pour attirer son attention, il lui apportait des concombres et des poissons vivant tous les soirs où elle rentrait chez elle. Effrayée et ne comprenant pas les intentions du kappa, la princesse se plaignit qu’elle en avait perdu le sommeil. Un jeune samouraï qui entendit sa détresse se fit un devoir d’exterminer ce monstre nuisible.

Une nuit, alors que le kappa s’était discrètement introduit dans la demeure de la princesse, le jeune samouraï lui trancha un bras. Effrayé, le kappa jura de ne plus s’approcher de la princesse mais supplia qu’on lui rende son bras.

Intrigué, le samouraï demanda ce que le kappa allait faire de ce bras coupé. Il lui répondit qu’en y appliquant de la graisse de kappa (Kappa-kô, 河童膏), un remède secret, n’importe quelle chose pouvait se recoller. Le samouraï en demanda donc en échange du bras. Par la suite, le samouraï s’illustra vaillamment dans de nombreux exploits, car même s’il était blessé au combat, la graisse de kappa lui permettait de guérir ses blessures.

On raconte aussi que cette graisse de kappa permet aux amoureux qui s’en enduisent d’être de ne jamais se séparer et aux couples mariés de rester unis toute leur vie. Si vous arrivez à obtenir de la graisse de kappa, attention à ne pas l’utiliser à l’insu de quelqu’un car sans un consentement mutuel vous serez punis par le kappa.”

Traduction libre de la légende racontée sur le site officiel de Shikama

15 – Kami

En suivant la rivière Naruse à contre-courant, nous arrivons au pied du Mont Yakurai (Yakurai-san, 薬萊山). Plus précisément, cette nouvelle plaque se trouve à proximité des bains publiques Yakushi (Yakushi-no-yu, やくらい薬師の湯) et du parc aquatique Yakurai qui tiennent chacun leur nom du Mont Yakurai, ainsi nommé car on y pria le Bouddha de la médecine (Yakushinyorai, 薬師如来) lors d’une épidémie survenue au VIIIème siècle.

PokéPlak de Kami figurant Lokhlass et Rosélia
Kami : Lokhlass et Rosélia – Photo Courtesy @blackpradtyan

Les roses de Yakurai

Dans cette composition, il n’y a ni mer, ni lac, ni rivière. Les deux Rosélia (Rozeria,ロゼリア,n°315) dansant à droite et à gauche de Lokhlass, sous une tonnelle de roses et les quelques trèfles à trois feuilles poussent au premier plan ne font donc pas référence à ces deux lieux.

En cherchant dans les environs, à vingt minutes à pied, on trouve une longue tonnelle couverte de roses. Cette PokéPlak représente la roseraie de Yakurai Garden (Yakurai Gâden, やくらいガーデン). De juin à juillet, ce sont des centaines de roses anglaises qui fleurissent et embaument cette partie du parc.

Tableaux de fleurs

Ouvert en 1996, le jardin floricole de Yakurai ne présente pas uniquement des roses. La roseraie n’occupe qu’une petite surface de l’exploitation. Au fil des saisons, les différentes compositions florales transforment le paysage en véritables tableaux abstraits.

Au printemps, les pensées composent de gigantesques damiers multicolores. A la fin du mois de mai, le colza recouvre les pentes de la colline Fururu (Fururu-no-oka, ふるるの丘) d’une nappe dorée. Après les roses en juin-juillet, ce sont les tournesols qui fleurissent pendant la première moitié du mois d’août. Puis de septembre à octobre, c’est au tour de la sauge, du souci et de la célosie argentée de fleurir.

16 – Ôsaki

A quelques kilomètre à l’ouest, c’est en plein centre de la ville d’Ôsaki (Ôsaki-shi, 大崎市) que nous trouvons une nouvelle plaque. On y voit un alignement de plusieurs carrés d’eau bien découpés dans le sol qui se répètent au-delà du cadre. Lokhlass est posé dans le carré au premier plan. Un Triopikeur (Dagutorio, ダグトリオ, n°51) sors du sol devant lui, pendant qu’un Piafabec (Onisuzume, オニスズメ, n°21) arrive derrière sa tête.

PokéPlak d’Ôsaki figurant Lokhlass, Piafabec et Triopikeur
Ôsaki : Lokhlass, Piafabec et Triopikeur – Photo Courtesy @blackpradtyan

Patasaki-san

Patasaki-san, la mascotte d'Ôsaki
La mascotte d’Ôsaki : Patasaki-san

Les couleurs de Piafabec rappellent celles de Patasaki-san (Pata-saki-san, パタ崎さん), la mascotte de la ville. Patasakisan, est une oie rieuse (Magan, マガン) originaire de Sibérie qui migrent chaque hiver jusqu’aux lacs des environs d’Ôsaki. Son plumage est naturellement marron et crème mais le rouge est la couleur du sac-à-dos qu’il prend toujours avec lui car il adore les voyages. Néanmoins, à la différence de ses congénères, Patasaki-san préfère très largement se baigner dans les onsen de la région.

Les rizières inondées

La présence de Triopikeur est moins évidente, mais le Pokédex indique qu’il est souvent élevé par des agriculteurs. Or au début de l’Epoque d’Edo (1603-1868), pour augmenter la production de denrée alimentaire face à l’augmentation de la population, cette région comme d’autres terres inexploitées, a été défrichée et aménagée pour permettre la culture du riz.

Depuis, les agriculteurs d’Ôsaki pratiquent encore l’inondation hivernale des rizières (Tôkitansui, 冬期湛水). Ce procédé permet notamment d’empêcher le développement des mauvaises herbes tout en enrichissant les sols après la moisson. C’est aussi ce qui attire les oiseaux migrateurs qui y trouvent une source de nourriture.

Et si Triopikeur étaientt des vers ?

Ils se nourrissent notamment de petits vers vivant en colonie dont une partie du corps est cachée dans est cachée dans le fond des rizières dans lequel ils peuvent rapidement disparaître pour se protéger. Ce sont des tubifex (Itomimizu, イトミミズ) [Tubifex Tubifex] et il se pourrait que le choix de Triopikeur soit moins anodin qu’il ne semblait l’être.

En 2017, afin d’en préserver et d’en transmettre les procédés d’exploitation, le bassin situé entre les rivières Eai (Eai-gawa, 江合川) et Naruse (Naruse-gawa, 鳴瀬川) aussi appelé “terres arables d’Ôsaki” (Ôsaki-kôdo, 大崎耕土) a été enregistré sur la liste des systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (Sekai-jûyô-nôgyô-isan-shisutemu, 世界重要農業遺産システム).

17 – Tome

De toute évidence, on peut s’attendre à trouver des lotus dans la ville de Tome (Tome-shi, 登米市). D’abord puisqu’il y en a deux représentées sur cette plaque mais aussi parce que le Pokémon qui s’y cache tient son nom du lotus (Hasu, ハス). Lokhlass nage nonchalamment sur une étendue d’eau tandis qu’un Nénupiot (Hasubô, ハスボー, n°270) semble se camoufler au milieu des feuilles de lotus.

PokéPlak de Tome figurant Lokhlass et Nénupiot
Tome : Nénupiot et Lokhlass – Photo Courtesy @kenken40924

Cette plaque se trouve sur les bords du lac Byôdônuma (Byôdô-numa, 平筒沼) où vous pourrez admirez 800 cerisiers mais pas beaucoup de fleurs de lotus. Pour cela il faudra partir découvrir d’autres lacs situés à 20 km au nord-ouest. Depuis 1985, ces lacs sont classés parmi les zones humides d’importance internationale selon la Convention de Ramsar.

Lors de la fête des Lotus des lacs Izunuma et Uchinuma (Izu-numa・Uchi-numa-Hasu-Matsuri, 伊豆沼・内沼はすまつり), de la seconde moitié du mois de juillet jusqu’à la fin du mois d’août, on peut monter à bord de petits bateaux de plaisance (ou de votre Lokhlass) pour naviguer au milieu de 387 hectares recouverts de lotus.

Même si la PokéPlak suivante se trouve à plus de 50 km de celle-ci, elles représentent chacune à leur manière les lacs Izunuma et Uchinuma qui se trouvent sur la limite entre Tome et Kurihara.

18 – Kurihara

La plaque suivante se trouve sur les bords du lac Hanayama (Hanayama-ko, 花山湖), à 20 km à l’est du centre de Kurihara (Kurihara-shi, 栗原市). Le lac artificiel et le barrage Hanayama (Hanayama-damu, 花山ダム) inaugurés en 1957 portent l’ancien nom du village dont ils ont pris la place. 

On y voit deux Couaneton (Koaruhî, コアルヒー, n°580). Celui au premier plan lève ses ailes et ouvre son bec dans une expression de joie, tandis que le second nous regarde du coin de l’œil. Derrière eux, Lokhlass continue de barboter. Les feuilles, les pétales et la fleur tombés sur l’eau laissent penser que la scène se passe en automne.

PokéPlak de Kurihara figurant Lokhlass et Couaneton
Kurihara : Lokhlass et Couaneton – Photo Courtesy @kenken40924

Un patrimoine acoustique

En automne et en hiver, on peut observer et écouter de nombreux oiseaux migrateurs sur les lacs Izunuma et Uchinuma. Parmi eux on trouve par exemple des Canard pilet. (Onagagamo, オナガガモ) [Anas acuta], mais aussi et surtout des oies rieuses (Magan, マガン) [Anser albifrons] pour lesquelles ces lacs ont été enregistrés parmi les 100 sons naturels du Japon (Nihon-no-oto-fûkei-hyaku-sen, 日本の音風景100選) en 1996.

Cette plaque décorative retrouve ici sa fonction secondaire en attirant l’attention du public sur les aménagements du circuit de l’eau puisque le barrage alimente les villes de Tome et Kurihara ainsi que les lacs qui se trouvent entre.

19 – Wakuya

Prêt de la gare de Wakuya du bourg du même nom (Wakuya-chô, 涌谷町) nous découvrons Lokhlass tout heureux sur un traîneau tiré par Bourrinos (Banbadoro, バンバドロ, n°750) alors que des pétales de cerisier volettent dans l’air.

PokéPlak de Wakuya figurant Lokhlass et Bourinnos
Wakuya : Lokhlass et Bourinnos – Photo Courtesy @kenken40924

Chevaux de trait et cerisiers

Le nom japonais de Bourrinos vient de ban’ba (輓馬) qui signifie cheval de trait. Sa présence pourrait évoquer les courses de chevaux de traits qu’on trouve dans le Tôhoku et à Hokkaidô. Mais les cerisiers en fleur à l’horizon et les pétales permettent de préciser que cette scène ne se déroule pas n’importe où, mais près du parc “de la montagne du chateau” de Wakuya (涌谷城址・城山公園). C’est ici que chaque année, la grande compétition de chevaux de trait du Tôhoku (Tôhoku-ban’ba-kyôgi-taikai, 東北輓馬競技大会) est organisée, le long des digues de la rivière Eai au pied des ruines du château de Wakuya. Cet évènement a lieu le troisième dimanche du mois d’avril au cours de la fête des cerisiers de Wakuya (Wakuya-sakura-matsuri, わくや桜まつり).

Course d’obstacles

Au cours de cette compétition, chaque cheval de trait doit tirer un traîneau pouvant peser jusqu’à 975 kg sur une distance de 120 mètres tout en franchissant deux obstacles. Une première colline d’environ 1,20 mètre, puis une seconde plus imposante de 1,60 mètre. Le vainqueur est celui dont le traineau passe la ligne d’arrivée.

Pour ceux qui connaissent bien Hokkaidô ou qui auraient lu le manga Silver Spoon de Hiromu Arakawa, cela vous rappelle certainement les courses de trait-tract (Ban’ei-kyôba, ばんえい競馬), organisées dans quelques villes de Hokkaidô mais il y a quelques différences.

Le trait-tract : les courses de ban’ei

Le Ban’ei est une course de chevaux réglementées au Japon depuis 1946 au même titre que les autres courses hippiques. Elle trouve son origine dans les compétitions amateurs organisées entre agriculteurs lors des fêtes comme ici à Wakuya. Ces compétitions étaient composées de diverses épreuves de force mais c’est finalement la course qui s’est le plus développée.

C’est à partir de 1963 qu’une première piste rectiligne est créée à Asahikawa. Puis c’est en 1968 que ce format devient la norme avec de nouvelles pistes de 200 à 220 mètres construites à Obihiro, Kitami et Iwamisawa.

En 1974, le nombre d’obstacles est réduit de 3 à seulement 2. Ce sont ces caractéristiques qui sont reproduites à Wakuya. Au-delà de la distance, ce qui distingue les courses de Wakuya des courses de ban’ei se trouve chez les compétiteurs et leur matériel.

Un sport professionnel

Avec la professionnalisation des courses de chevaux de trait dans les années 1960, l’attelage est modifié pour être plus performant et plus sûr, et les rôles sont clairement divisés : cavalier, entraîneur de chevaux, propriétaires…

Dans les compétitions amateurs, le matériel de course est généralement celui utilisé dans les travaux agricoles et les participants sont souvent les agriculteurs eux-mêmes : un qui tire les rênes à l’avant et un autre qui cravache le cheval à côté du traîneau.

20 – Misato

Pour finir cette boucle ainsi que notre grand tour du département de Miyagi et de ces 35 … nous voici arrivés au bourg de Misato (). Ici, Doduo (Dôdô, ドードー, n°84) et devant lui, son évolution, Dodrio (Dôdorio, ドードリオ, n°85) foncent le long d’une voie ferrée sur laquelle une grosse locomotive à vapeur tracte Lokhlass qu’on aperçoit derrière, sur un wagon.

A toute vapeur

Le choix de ces deux Pokémon semble s’expliquer par leur vélocité, puisque selon la définition du Pokédex, Dodrio est en effet capable de courir à 60 km/h.

PokéPlak de Misato figurant Lokhlass, Doduo et Dodrio
Misato : Lokhlass, Doduo et Dodrio – Photo Courtesy @blackpradtyan

Évidemment, l’élément caractéristique qui attire notre attention, c’est cette locomotive à vapeur. Bien que cette PokéPlak se trouve au milieu des chalets de Dotabata-mura (土田畑村) dans la partie sud de Misato, c’est au nord, dans le parc Kogota (Kogota-kôen, 小牛田公園), à un peu moins d’un kilomètre de la gare du même nom qu’on retrouve cette locomotive.

Arrêt à Kogota

Plus précisément, il s’agit de la locomotive n°367 de classe C11. Si son nom était inscrit, il serait noté dans le rectangle qu’on voit à l’avant de la machine. Juste en dessous de ce cadre, ce qui ressemble à un symbole est en fait le volant de fermeture centrale de la porte de la boîte à fumée.

La locomotive C11-367 fait partie des 51 locomotives de cette classe, conservées à l’état statique. Au total, 381 locomotives C11 ont été construites entre 1932 et 1947. Celle-ci a été construite vers la fin, en 1946. Elle a circulé principalement sur la ligne Ishinomaki, reliant la gare de Kogota à la gare d’Onagawa. Puis elle a pris sa retraite ici, en 1973, pour être remplacée par une locomotive diesel comme toutes les autres C11 encore en fonction à ce moment.

Ainsi s’achève notre périple à travers Miyagi. Il est donc temps de reprendre la route vers le nord pour découvrir de nouveaux Pokémon ! Continuer dans le département d’Iwate

Sources et ressources

N’hésitez pas à découvrir et suivre les auteurs des photos de PokéPlaks en cliquant sur le lien sous les photos.

01 Marumori

02 Kakuda

03 Shichikashuku

04 Shiroishi

05 Ogawara

06 Shibata

07 Murata

08 Zaô

09 Kawasaki

10 Ôsato

11 Tomiya

12 Taiwa

13 Oohira

14 Shikama

15 Kami

16 Ôsaki

17 Kurihara

18 Tome

19 Wakuya

20 Misato

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